Groupe : "Le Silence Entre Deux Orages"
Titre : "Tout Ce Que Nous Aurions Pu Dire, Mais Que Nous Avons Tu"
Si vous leur demandez ce qu’ils font comme musique, Le Silence Entre Deux Orages ne vous répondra pas. Pas par snobisme, non. Ils n’aiment juste pas les étiquettes. En fait, ils n’aiment pas non plus les questions. Ni les réponses. Ni les interviews. La dernière tentative de presse écrite pour en savoir plus s’est soldée par cinq longues minutes de silence, un regard profond et un soupir collectif.
Depuis leur formation en 2019 (ou peut-être 2020, mais qui peut le dire ?), ces musiciens insaisissables se refusent à tout cadre. Post-rock ? Trop restrictif. Ambient ? Trop définitif. Expérimental ? Trop attendu. Eux préfèrent parler de "matière sonore en suspension" ou de "bruissement d’âmes non verbalisées". Mais ils ne le diront jamais à voix haute.
Le groupe pousse le concept de l’absence de mots jusqu’au bout. Lors de leurs concerts, un interprète en Langue des Signes Française est chargé de traduire leur silence. Pour les interviews, ils refusent de parler et préfèrent répondre par télépathie. Lorsqu’un journaliste insiste, ils se mettent à mimer. Pas étonnant quand on sait que leur bassiste, Rémi Marceau, est le petit-fils du célèbre Mime Marceau. Selon la légende, il n’a jamais prononcé un mot, même à la maternité.
Quand on leur demande leurs inspirations musicales, Le Silence Entre Deux Orages ne donne jamais de réponse directe. À la place, ils sortent une pochette de disque, la tiennent à bout de bras, restent silencieux pendant quelques secondes, puis la rangent. On a ainsi pu voir défiler dans leurs mains "Thunder Perfect Mind" de Current 93, "Je t’aime" de Lara Fabian, un obscur 45 tours des Keiji Haino jauni par le temps, et l’intégrale de Mike Brant. Faut-il y voir un message ? Une forme de provocation ? Un pur hasard ? Nul ne sait.
Dans leur quête absolue de neutralité, Le Silence Entre Deux Orages a fait un choix radical : ne pas porter de vêtements. Selon eux, toute tenue influe sur l’interprétation de leur musique. "Un pull en laine peut évoquer la mélancolie. Un perfecto en cuir, une posture rock. Un short, une envie d’été." Trop de signaux parasites. Mieux vaut ne rien porter du tout.
Malheureusement, ce parti pris artistique leur a déjà valu plusieurs interpellations pour "atteinte à la pudeur". Le groupe a notamment été arrêté à la frontière belge après un contrôle de routine où ils ont refusé de s’expliquer, préférant fixer les douaniers avec intensité jusqu’à ce qu’on les emmène au poste.
Dans cette même logique de non-influence, toutes leurs pochettes d’album sont blanches, vierges de toute information, ne comportant que le code-barres. Pas de titre, pas d’image, pas de logo. Juste une surface immaculée, une invitation à la projection mentale. Seule exception : leur deuxième album, où le code-barres était imprimé en gris clair, une audace qui a divisé leurs fans les plus extrémistes.
Sur scène, Le Silence Entre Deux Orages joue dos au public, dans l’obscurité, afin de ne pas perturber l'expérience pure du silence partagé. Leur dernier album, "Tout Ce Que Nous Aurions Pu Dire, Mais Que Nous Avons Tu", est un voyage en douze pistes qui oscillent entre frémissements sonores et silences abyssaux. Certains affirment même que la dernière plage du disque n’existe pas, mais que si on l’écoute attentivement, on peut entendre l’univers penser.
Le groupe prépare actuellement une tournée où chaque concert sera accompagné d’un mime intégral de la prestation pour le public malentendant… et voyant. Un geste fort, une expérience totale. Ou peut-être juste un énorme malentendu.
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