Le dimanche 25 février, la Halle aux sucres à Dunkerque accueillait un concert de Gontard dans le cadre des dimanches des arts urbains. Avant le concert, Anne Saouter, anthropologue, a proposé une intervention fascinante sur la place des femmes dans le rugby français.

Suite à cette brillante intervention, les musiciens de Gontard, tous vêtus de chemises à fleurs, ont pris place sur scène pour accueillir l'arrivée improbable de Gontard Himself, vêtu d'une splendide combinaison de lapin pour le moins déroutante. Gontard, souvent considéré comme un ovni ou le secret le mieux gardé de la chanson française, se présente comme un chanteur de variétés. Si ses tenues de scène rappellent les extravagances de Carlos et Joe Dassin dans une émission de Maritie et Gilbert Carpentier, le terme de "variétés" doit être compris dans le sens de la diversité plutôt que dans celui de la variété française conventionnelle.

Diversité donc, tant au niveau des genres musicaux (pop, world, java , rock, avec des accents sixties notamment sur les effets de guitares), que des émotions exprimées, de la colère à l'engagement, en passant par l'humour omniprésent, la dérision, et une touche de mélancolie. Gontard s'amuse à briser les barrières codifiées du rock indépendant. Si cela peut paraître déroutant au premier abord, son énergie communicative finit par emporter le public profane, comme en témoignent les mines réjouies à la sortie de la salle. Gontard a l'intelligence de puiser dans sa discographie pour proposer un set varié et éviter l'écueil du donneur de leçon ou du prédicateur de malheur qu'aurait pu supposer un simple déroulé de son dernier album "2032", album dystopique sorti l'an passé.

 

Auteur de nombreuses mixtapes, Gontard est un touche-à-tout passionné par les mavericks, de Jean Luc le Tenia à Daniel Johnston, ces artistes indépendants stakhanovistes qui sortaient des disques toutes les trois semaines sans se soucier de leur réussite commerciale. Il collectionne les disques depuis des années et s'amuse (au sens premier du terme) avec des milliers de samples qu'il récupère à droite et à gauche.

Nous l’avons rencontré à l'issue de son concert pour un blind test  autour d’une bière locale , occasion d’assouvir un de nos points communs : écouter et discuter sur la musique .

 

Fond Sonore (hors blindtest)

Gontard : Bienvenue (2032 ,Petrol Chips)

Les objets : la normalité (la normalité, columbia)

 

Blind test :

Emmanuel Macron : Discours du 17 janvier 2024 , Public Senat)

Herbert Pagani : discours du PDG des états unis d'europe unie ( Megalopolis ,EMI)

Soundforce : la fin du monde (The fin du monde , RCA à noter que cela date de 1979 et non de 75!!!)

Mendelson : où est passé le week end (Quelque part, Lithium/ici d'ailleurs)

Ignatus : Bertrand Cantat ( Ignatus chante le Ténia , La souterraine)

Sylvain Chauveau : radiophonie N°1 (nocturne impalpable , disques du soleil et de l'acier)

Bernard Lavilliers : Les aventures extraordinaires d'un billet de banque (Le stéphanois , les disques motors)

Mama Béa Tekielski : Les glycines ( balade pour un bébé robot , RCA)

Babx : le déserteur (ascencions , l'autre distribution)

Charles duédal : la violence à la télévision ( compilation ! , SK records)

Kim : tell me now ( Kim sings Daniel Johnston , folkmica)

Léna Lesca : aux tortionnaires (par les damnés de la terre , hors cadres)

 

Musiques :

Mendelson : où est passé le week end (Quelque part, Lithium/ici d'ailleurs)

Gontard : De retour à Gontard sur misère , la nuit disparue (2032, Petrol chips)

 

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