Je vais finalement finir par appeler cette chronique « j’avais tort Victor » (oui, j’ai beaucoup regardé Les Feux de l’amour !) plutôt que Roule Galette, tant la reconnaissance de mes erreurs passées sert d’intro à beaucoup de mes présentations.
Roule Galette, cette semaine, est consacré aux Teenage Fanclub et à leur magnifique Bandwagonesque de 1991.
Quand je dis « erreur passée », n’allez pas croire par-là que je détestais ce disque à sa sortie, loin de là !!! C’est même un disque que j’ai énormément écouté à l’époque, à tel point que j’avais plusieurs T-shirts du groupe, et que l’un d’eux a même fini sur les épaules d’un de mes anciens élèves dans le cadre d’une série de romans-photos que nous avions créée ensemble à l’époque ; ce qui a toujours tendance à me faire sourire. J’espère que ça a poussé certains à écouter le groupe !
Il faut dire qu’il n’était pas rare que, pendant la récréation, je parle à mes élèves en leur demandant ce qu’ils pensaient du dernier album de Labradford ou de Teenage Fanclub. Ça avait toujours quelque chose de drôle de voir leur réaction face à un adulte supposé être un référent et qui agissait comme une espèce d’adolescent attardé. Je les ai quand même bien bassiné avec mon space rock, Mogwai, les Cranes ou autre Placebo.
Peut-être était-elle là, cette erreur passée… Avec le recul, je ne le pense pas. Dussé-je être mis au pilori de « bien-pensants zemmourristes » qui crieraient au scandale de grand remplacement variétoche par une musique décadente, même pas française. Si c’est ça, c’est décidément pas une erreur !!!
Non, si j’évoquais l’erreur, c’est celle qui m’a tenu éloigné de la ressortie des Teenage Fanclub en vinyle lorsque je tenais mon magasin.
Bien évidemment, je n’avais pas raté les sorties des premiers albums, mais je regardais ça avec une certaine incompréhension : racheter un disque en vinyle alors que je l’avais déjà en CD… J’ai laissé cela aux quelques clients intéressés et ai récupéré une partie de ces disques au moment de la fin du magasin et, bien évidemment, Bandwagonesque ne figurait pas dans les reliquats. Je persiste toujours à croire que c’est le cas, mais, quand même, je ne boude pas mon plaisir lorsque je mets un disque sur la platine le dimanche matin… Et là, tout récemment, je me disais que Bandwagonesque, j’aimerais bien l’écouter en vinyle, tout en continuant à bosser sur d’autres trucs. Et j’ai justement trouvé une copie neuve encore moins chère que ce que je payais à Sony à l’époque pour le magasin.
Le résultat ??? Reçu ce matin, écouté 4 fois, 2 raquettes de badminton pétées en air guitar, des courbatures de partout, mais une BANANE que je n’avais pas eue depuis bien longtemps !
Quel disque ! Seul December me paraît légèrement en dessous du reste, mais chaque morceau est prétexte à une nouvelle frénésie d’air guitar prépubère…
J’ai trouvé un remède contre mon arthrose et ma neurasthénie. Écouter Bandwagonesque et se rêver à croire qu’on a encore 23 ans !
Certes, c’est de courte durée, mais, bon, étant donné le peu de sources de contentement en ce moment, je dois bien avouer que je PRENDS ! Et que je vous les prescris, par là même, pour cette semaine de Roule Galette !
Teenage Fanclub est un groupe écossais formé à Glasgow en 1989 par Norman Blake, Raymond McGinley et Gerard Love. Dès le départ, ils se sont fait remarquer pour leur son mélodique, mélange d’indie pop à la C86, de pop lumineuse, parfois de noisy pop, avec des guitares claires et des harmonies vocales directement inspirées de Big Star et des Beach Boys.
Leur troisième album, Bandwagonesque, est sorti en novembre 1991 sur Creation Records au Royaume-Uni, et sur Geffen aux États-Unis. Il a été enregistré à Liverpool avec le producteur Don Fleming, et représente un tournant dans leur son : chaque titre combine mélodie, énergie et texture sonore, donnant un ensemble cohérent et captivant, à la fois léger et puissant.
À sa sortie, l’album a été salué par la critique. La revue Spin l’a même élu Album of the Year 1991, devant Nirvana et R.E.M., soulignant l’impact qu’il a eu sur la scène indie et alternative.
L’album a ouvert au groupe une audience internationale, notamment aux États-Unis, où des singles comme Star Sign, What You Do to Me ou The Concept ont largement tourné sur les radios alternatives. Aujourd’hui encore, Bandwagonesque est considéré comme un classique de la pop alternative des années 90, mêlant énergie indie et harmonies soignées, et reste une référence pour de nombreux artistes à venir.
Cette semaine, dans Roule Galette, on a parcouru Bandwagonesque de Teenage Fanclub à travers cinq titres.
On a démarré avec Pet Rock, évidence immédiate, riff frontal, énergie brute, le disque qui s’ouvre sans demander la permission.
On a continué avec I Don’t Know, le seul titre signé Raymond McGinley, plus long, plus étiré, où le doute et l’hésitation s’installent sans jamais casser l’élan mélodique.
Puis Star Sign, sorti en single, morceau faussement léger, qui joue avec les signes, les superstitions et le quotidien, tout en laissant le temps faire son travail.
Ensuite Alcoholiday, écrit par Norman Blake, où l’incertitude sentimentale, la confusion et le flou intérieur s’expriment dans une forme plus introspective, sans perdre la tension ni la mélodie.
Et pour finir, Is This Music?, instrumental ironique et presque héroïque, qui referme l’album sur une question simple, mais définitive.
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