Salut à toutes, et tous .

Cette semaine dans roule  Galette , je vous propose de découvrir ou redécouvrir l'album voyage de Pierre Vassiliu. 

J’ai longtemps hésité pour ce nouveau roule galette :  pas par rapport au disque en lui-même , mais parce que je pensais mettre en avant  une des deux compilations parues chez Born bad à la fin des années 2010 pour évoquer le moustachu et dont les éléments biographiques seront en partie utilisés pour évoquer l’artiste . 

C'est également  par l'intermédiaire d’une compilation que j'ai découvert Pierre Vassiliu ,  une compilation en cassette parue chez universal dans la série Master série. 

C’était au milieu des années 80. L'artiste n'était plus  trop connu mais quand j'ai découvert cette cassette, je me suis rendu compte que beaucoup de titres m’étaient familiers et que si aucun n’avait  eu le succès de qui c’est celui-là , il restait malgré tout beaucoup de titres connus : amour amitié, j’ai trouvé un journal dans le hall de l’aéroport, l’incroyable film , je lui téléphone … On ne  peut pas vraiment parler d’un one hit wonder . Vassiliu a toujours été là , sans l’être, en dilettante, faisant quelques réapparitions à l’occasion de sorties de 45 tours , tentant de relancer une carrière par essence chaotique . 

Dans la biographie qui accompagne la sortie chez Born Bad , on parle de malentendu. En ce qui concerne pierre Vassiliu, c'est effectivement bien vu . Sa carrière , a marché , un peu à la manière d’un Jean claude Dusse . 

Pierre Vassiliu est généralement connu par beaucoup pour  ce tube de 1973 , la reprise de Chico Buarque .

C’est bien évidemment réducteur , d’autant plus quand on sait que cette chanson , à la base , était destinée à être la face B du 45 tours , Film , incroyable déambulation en talk over dans le bois de Boulogne , qui lui vaudrait en 2026 une manif de wokiste, ou pire le soutien des fans de Pascal Praud arborant un T shirt « on ne peut plus rien dire » .

Vassiliu a démarré sa carrière aux débuts des années 60 , à contre courant de la vague Yéyé , dans un registre chanteur comique , amoureux des rimes grivoises , amoureux de Brassens et Boby Lapointe . 

Au début 70 , il signe chez Barclay son premier album , dans un registre plus personnel , Amour amitié  , principalement à la guitare acoustique , qui l’éloigne de son image de chanteur comique . Un second suit en 72 , Attends , plus varié , avec un titre brésilien qui préfigure la reprise de Chico Buarque . Musicalement , on peut voir des points communs avec William Sheller ou Veronique Sanson , dans les arrangements . L’album ne marche pas plus que le précédent .Barclay  le contraint alors   à sortir des singles .

Puis en  73 ,arrive le tube , qui c’est celui là , vendu à plus de 300 000 exemplaires qui le replace à nouveau dans ce registre de chanteur comique   . La maison de disque sort un peu en catastrophe, un album Je suis un pinguouin  , en fait , plutôt une compilation  constituée de 45 tours de l’époque .  Ce succès imprévu , permettra à Vassiliu de continuer à vivre sereinement , comme il avait commencé déjà à le faire, dans sa maison , dans le lubéron , où amis , femmes , gens de passages , musique , alcool  et drogues  ,   forment un quotidien , assez symptomatique des années 70 . 

L’album voyage parait en 1975  , après une période gueule de bois qui fait suite au succès imprévu  , avec une pochette de Jean Michel Folon . A l ‘intérieur , on aperçoit Vassiliu , en tenue d’Adam , scrutant l’horizon désertique .  Si les textes peuvent questionner au regard de notre vision de la société et des rapports hommes femmes ,  en 2026  , ils doivent forcément être recontextualiser  dans cette période . Par ailleurs d’autres textes de Vassiliu pourraient totalement servir de contre exemples à ses éventuels détracteurs (comme pourquoi , le vent souffle où il veut et quand il veut , alentours de lune )   

L’album est enregistré en avril 75 , au studio B  chez Barclay , en compagnie d’Olivier  Bloch lainé ( déjà repéré chez Brigitte Fontaine ) Patrick Beauvarlet , choriste d’Yves Simon , ici à la batterie et par ailleurs auteur d’un disque très réussi en 1976 intitulé Quelle Belle soirée ( on ne sait pas s’il s’agit d’un hommage à Michou !! ) , Claude Engel et son frère Marcel , Claude a notamment réalisé plusieurs albums avec Gotainer , a joué dans Magma et avec Bernard Lubat , amis aussi dans Rosebud avec Jean Schulteis et Georges Rodi  .Ce meme George rodi qu’on retrouvera plus tard dans Arpadys assure les claviers . 

Musicalement , c’est assez varié , allant du funk de Herbie Hancock aux rythmes latins en passant par le magnifique le vent souffle ou il veut et quand il veut au piano ., mais laissons vous découvrir ceci , car comme on l'entend  dans la bande originale du film UNE FILLE ET DES FUSILS :

« De toute façon la musique , c’est fait pour être écouté, c’est pas fait pour en parler ...dont acte . On en écoute donc 5 titres . 

On démarre la semaine avec le titre d’entrée , Pierre Bats ta femme . En guise d’ouverture d’album , un jingle annonce, un voyage  imprévu avec Pierre Vassiliu . 

On peut entrendre le chanteur avec sa troupe dans un train après une nuit qu’on imagine visiblement éthylique et enfumée . Arrive sur cela un des morceaux les plus ouvertement funk de sa discographie , avec un clin d’oeil très appuyé à Herbie Hancock . Le Groove est imparable , Pierre Vassiliu raconte comment  , en rentrant ( tard forcément) chez lui il découvre la maison vide , sa femme l’ayant quitté pour suivre l’huissier , et les choeurs  de répondre, Pierre Bats ta femme , détonnant avec le thème du mari abandonné. Avant tout procès qui pourrait être fait à la radio pour diffusion de ce titre, nous tenons à recontextualiser ce titre pour en saisir le 25ème degré . Il va sans dire que nous ne prônons à aucun moment la violence conjugale , d’ailleurs, tous les titres de l’album de Pierre Vassiliu sont crédités au nom de son épouse de l’époque , Marie . 

On poursuit le voyage de Pierre Vassiliu avec ce Monsieur j vous sers quoi , samba halte dans un buffet de la gare où  Vassiliu  joue un serveur nazillard , dépassé par la folie ambiante  de cette tablée joyeusement bordélique . 

Puis,   déshabille toi  . « Déshabille-toi » est un exemple du ton décalé et humoristique de Vassiliu dans les années 70. La chanson raconte une rencontre amoureuse, avec des dialogues et situations volontairement exagérés . A celles et ceux qui crieraient à la phallocratie , rappelons que l’album , est entièrement crédité à sa compagne de l’époque,  Marie Vassiliu . Voilà , qui vient un peu complexifier la compréhension du personnage . 

Ensuite , seul . balade qui évoque l’incommunicabilité dans le couple ,  comment faire face à  un homme qui s’enferme dans ses pensées et ses actes ,  devant sa compagne impuissante  ,elle ne le comprend plus , un texte qui laisse présager de sa future rupture avec Marie . 

Pour finir l’écoute de cette album , le magnifique Le vent souffle ou il veut et quand il veut , magnifique déclaration d’amour . Dans un couple qui vacille , 

Le titre reprend une image célèbre de l’Évangile selon Jean (3:8) : « Le vent souffle où il veut… », symbole de liberté et d’incontrôlable. Pierre Vassiliu l’utilise ici pour évoquer le destin, les forces de la vie et l’imprévisibilité des chemins que nous suivons.

Dans la chanson, il s’adresse à Marie, sa compagne à l’époque, et parle de leur vie à deux, de leurs enfants et des moments partagés. Les paroles capturent un instant d’intimité et de tendresse, tout en laissant transparaître la conscience que la relation ne durera pas.

C’est une déclaration d’amour poétique et lucide, méditative et poignante, qui combine complicité, mélancolie et acceptation des forces qui dépassent l’homme.

Soutenez-nous sur Tipeee !