Cette semaine, une fois n’est pas coutume , nous ne célébrons pas un album , mais une compilation . Et qui plus est , une compilation posthume : Now, that’s what i call quite good des housemartins .
Les Housemartins s’ils restent relativement peu connus en France est un groupe britannique qui a marqué la seconde moitié des années 80 avec un son unique mêlant pop mélodique, soul et gospel, tout en inscrivant leur musique dans un contexte social très précis.
Formé à Hull en 1983, le groupe est composé de Paul Heaton (chant), Stan Cullimore (guitare), Norman Cook (basse, futur Fatboy Slim) et Hugh Whitaker (batterie).
Leur musique reflète le contexte des années 80 en Angleterre : une société sous Thatcher, marquée par des inégalités et des tensions sociales , notamment la grève des mineurs de 1984 . Musicalement , ils sont des contemporains des Smiths, avec qui ils sont souvent comparés. Mais là où les Smiths explorent une mélancolie urbaine et froide, les Housemartins apportent une chaleur et un souffle humain grâce à leur inspiration gospel et soul, créant un contraste étonnant avec leurs paroles parfois sociales ou ironiques.
Leur album et singles regorgent de petites merveilles : Think for a Minute, par exemple, n’est pas un morceau énergique mais une réflexion mélancolique sur l’apathie et la déconnexion des gens autour de soi, un appel à s’arrêter, observer et réfléchir qui ne peut faire qu’écho à Saravadio . Les chansons combinent humour, conscience sociale et tendresse, ce qui peut expliquer leur originalité et leur influence durable.
Les Housemartins se font surtout connaître grâce à leur troisième single Happy Hour (1986), qui leur donne une visibilité importante dans le circuit pop britannique.
Mais c’est avec Caravan of Love (1986), une reprise a cappella des Isley-Jasper-Isley, qu’ils atteignent la consécration : leur unique numéro un au Royaume-Uni. Ce morceau est entièrement chanté, avec des claquements de doigts pour le rythme et une influence gospel très marquée.
Aucun instrument ne joue ici : c’est la voix qui porte tout le morceau, et l’effet est saisissant, presque intemporel. Caravan of Love est devenu un symbole de fraternité et de solidarité, un hymne simple et direct qui tranche avec le reste de la pop de l’époque.
Le groupe se distingue aussi par son engagement politique et social , à l’instar de ses contemporains tels Billy Bragg , Bill Pritchard ou encore les Redskins . Paul Heaton et ses partenaires abordent dans leurs chansons des thèmes comme l’injustice sociale, la pauvreté et la solidarité, tout en gardant un ton accessible et mélodique. Leur discographie est courte mais intense (2 albums et une dizaine de singles) et même après leur séparation en 1988, Paul Heaton continuera à marquer la scène britannique avec les Beautiful South et ses projets solo. Norman Cook quant à lui deviendra célèbre grâce à Beats international puis sous le pseudo de Fatboy Slim.
Les morceaux que nous allons écouter cette semaine reflètent bien cette double identité : mélodique, réfléchie, parfois humoristique, et toujours empreinte de cette âme gospel/soul qui fait la signature du groupe.
Cette semaine dans Roule Galette, on écoute cinq morceaux des Housemartins, groupe anglais des années 80 à la croisée de la pop et de la soul. On commence avec Happy Hour, qui derrière son rythme joyeux dénonce le harcèlement des femmes et le malaise social dans les pubs britanniques, reflet des observations de Paul Heaton. Flag Day, leur premier single, mêle humour et critique sociale, en montrant la différence entre bonnes intentions et actions concrètes pour aider les autres. Avec Think for a Minute, le groupe observe le déclin de la convivialité et de la solidarité, invitant à s’arrêter pour réfléchir aux transformations de nos relations quotidiennes. He Ain’t Heavy, He’s My Brother, reprise emblématique, célèbre la fraternité et l’entraide, rappelant que porter quelqu’un n’est jamais un véritable fardeau. Enfin, Caravan of Love transforme la reprise des Isley-Jasper-Isley en gospel minimaliste a cappella, où les voix seules transmettent un message d’unité, de solidarité et de critique sociale, évoquant l’Angleterre des années Thatcher. Ces cinq titres montrent la capacité des Housemartins à combiner mélodie, émotion et engagement dans des textes qui restent profondément actuels.
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