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#61- le son d'une roue a eau hydroelectrique
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Salut à toutes et tous.
Cette semaine, dans Roule Galette, je vous propose un disque un peu plus moderne que mes recommandations habituelles :
Christophe — Les Vestiges du chaos.
Oui, je vous vois déjà vous marrer.
Christophe ? Ce mec qui cartonnait alors que j’étais même pas né.
Tu parles d’une modernité incarnée !
Et comme souvent, vous auriez tort, Victor.
Pas parce que j’ai toujours raison — quoique — mais parce que vous n’avez sans doute jamais écouté ce disque.
Quand on est ado, on a tendance à maudire son époque. Pas par simple dégoût de sa génération comme tout bon ou toute bonne acnéique que l’on fût, ni par fascination d’un temps révolu… non, c’est bien plus prosaïque que ça.
Avoir 13 ou 14 ans, au début des années 80, en province, c’est devoir se farcir des boums et leurs interminables séries de slows, tous plus nazes les uns que les autres — joli pléonasme.
Et parmi eux, il y en avait un qui me mettait particulièrement mal à l’aise : succès fou de Christophe.
Outre le fait que je le trouvais ringard, les paroles étaient à des années-lumière de ma réalité, ce qui me le rendait encore plus antipathique.
Moralité : rejet total de l’artiste pendant une bonne partie de ma vie.
Je l’ai rangé dans la case des ex-gloires des sixties, celles que je ne voulais ni connaître ni comprendre.
Il faut dire que les come-back de la fin des années 70 et du début des années 80 sentaient souvent la naphtaline industrielle :
les maisons de disques qui essoraient les artistes comme des wassingues — oui, je suis du Pas-de-Calais — pour les faire rentrer à tout prix dans l’époque.
Sheila en hard rock, Dalida en disco, Françoise Hardy funky, Ange qui lâche le prog pour le hard FM…
Le relooking années 80 a fait des dégâts.
Alors même quand Christophe a été réhabilité plus tard, je n’ai pas voulu entendre.
Même Bevilacqua, même l’adoubement Inrocks, même cette volonté évidente de ne pas recycler son patrimoine comme tant d’autres. Même Bashung reprenant Christophe, même Christophe reprenant Bashung, le vernis craquelait un peu… Mais rien n’arrivait à faire vaciller Force Rose en un claquement de doigts ! Oui, dans BioMarc, j’étais Force Rose.
Christophe est longtemps resté un chanteur pas pour moi.
Je pouvais admettre aimer Les Paradis perdus.
Pas plus.
Et puis il y a eu sa mort, pendant le Covid.
Et ce live sur Arte, à la Villa Medici à Rome — Villa Aperta.
Des versions qu’on retrouve, presque à l’identique, sur l’indispensable album Intime.
J’ai d’ailleurs longtemps hésité à choisir Intime pour Roule Galette.
Mais une réécoute récente de Les Vestiges du chaos a tout changé.
Christophe est un artiste que je découvre à rebours, alors autant commencer par son dernier album.
Et comme souvent dans ces cas-là, je comprends trop tard comment je suis passé à côté.
En exergue de l’intégrale parue en 2021, quelques mois après sa disparition, on peut lire :
« On sait qu’on peut être plus satisfait et être mieux,
qu’il y a toujours mieux.
Alors je cherche toujours. »
C’est un extrait de Je cherche toujours, le morceau qui clôt Bevilacqua, son disque de retour.
Et rétrospectivement, ça ressemble presque à une épitaphe, une fois qu’on a enfin accepté de bousculer tous ses a priori.
Les Vestiges du chaos, paru en 2016, est le dernier album studio original de Christophe.
Il ne s’agit pas d’un retour sur ses succès des années 60 ou 70, ni d’une réinterprétation de son travail précédent.
C’est un disque long à venir, mûri pendant presque sept ans, construit par fragments, textures et atmosphères, plutôt que par un récit linéaire ou un tube attendu.
L’album mêle électronique, rock, nappes synthétiques, guitares et cordes, avec la voix de Christophe qui peut être fragile, distante ou simplement instrumentale parmi d’autres sons.
Chaque morceau possède sa couleur propre : certains s’étirent, d’autres passent furtivement, aucun ne prétend être le centre de l’album.
Christophe a collaboré avec des figures anciennes et nouvelles : Jean‑Michel Jarre co-écrit le morceau-titre, Alan Vega apparaît sur Tangerine, et l’ombre de Lou Reed plane sur Lou. Il y a bien sûr Christophe Van Huffel, ex-Tanger, à la production, avec qui il avait commencé à travailler sur l’album Aimer ce que nous sommes.
Mais pour autant, l’album n’est pas un disque d’hommages : ce sont des vestiges, des traces, des présences suggérées dans le texte et le son.
Les textes explorent l’amour, le désir, la solitude, la mémoire, les nuits blanches, toujours sous forme d’images ou de fragments, jamais de récits explicites.
Pris morceau par morceau, l’album peut sembler éclaté ; pris dans son ensemble, il déploie un arc discret, un fil qui relie les fragments sans les hiérarchiser.
En fin de compte, Les Vestiges du chaos est un disque de fin de parcours, respectueux de son temps, mais hors mode, qui avance malgré tout, sans bilan, sans nostalgie, sans conclusion définitive.
Cette semaine, nous avons exploré Les Vestiges du chaos de Christophe, à travers cinq morceaux :
Définitivement, qui ouvre l’album avec son univers trip hop sensualo-dark, synthé basse et vocoder, déclaration d’intention intime et expansive.
Stella Botox, coécrite avec Laurie Darmon et produite par Botox, oscille entre séduction et distance, tension et délicatesse, énergie et subtilité.
Tangerine, duo avec Alan Vega, contraste par sa couleur vocale et s’inscrit dans l’univers texturé et moderne de l’album.
Les Vestiges du Chaos, le morceau-titre coécrit avec Jean-Michel Jarre, fait converger chaos intérieur, souvenirs et traces du temps, dans une esthétique électro-dark hypnotique.
E Justo, qui clôt l’album sur une note introspective, avec la voix parlée d’Anna Mouglalis et un récit intime d’initiation, offrant un épilogue poétique et personnel.
On se retrouve très vite pour un nouvel album à découvrir ou redécouvrir dans Roule Galette.
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Playlist

Faux tapes "Dive part 5"
Field we found "give"
Forrest "Olive coast"
Gallery six "Rissyuu"
Lunt "L'altération"
Giannis Gogos "Broken piano"
Hainbach "Metalik"
Kaito "call from the ground"
Invisible light "when leaves touch the sky"
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Playlist Indiedrome#20

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Jean-Luc Guionnet & Lê Quan Ninh : dads met those never whose « Those whose dads never met » (CCAM Editions)
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Tom Djll: Mona? « Let’s Get Going With Chaos » (Soul on Rice)
Keiji Haino & Guro Moe : Flower which is pink small and resistant « Drums & Octobass » (Conradsound)
Primoz Bončina & Phil Maguire : Dolorosa « Stone and Worship » (Cloudchamber)
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